La prévention commence tôt
Une crise cardiaque peut sembler être un événement soudain, survenu de nulle part, mais les conditions qui y mènent se développent souvent lentement, sur de nombreuses années.
Pour bien des gens, prévenir une crise cardiaque revient à protéger votre cœur et vos vaisseaux sanguins au fil du temps : comprendre vos facteurs de risque, faire des choix de mode de vie durables et repérer ce qui vous met à risque avant que les dommages ne s’accumulent. Un seul changement radical est rarement la solution.
Plusieurs facteurs de risque importants de maladie cardiovasculaire peuvent être modifiés ou traités. Vous ne pouvez pas tout changer à votre risque, mais il y a beaucoup de choses que vous pouvez maîtriser et influencer.
Comprenez vos facteurs de risque
Un facteur de risque est un élément qui augmente votre probabilité de développer une maladie. Avoir un ou même plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire ne signifie pas que vous ferez forcément une crise cardiaque. Ces facteurs nous aident plutôt à comprendre le risque global d’une personne et à voir où la prévention peut avoir le plus grand impact.
Le risque de crise cardiaque dépend d’une combinaison de facteurs non modifiables, que nous ne pouvons pas changer, et de facteurs modifiables, que nous pouvons améliorer, traiter ou prendre en charge.
Notes de terrain interactives
Les facteurs de risque et la paroi artérielle.

- Paroi artérielle
- Plaque dans la paroi
- Passage sanguin ouvert
Beaucoup de facteurs de risque touchent les mêmes artères.
La prévention agit sur l’ensemble du portrait.
Les facteurs de risque modifiables peuvent être améliorés, traités ou pris en charge.
- Exposition au tabac et à la nicotine
- Le tabagisme endommage les vaisseaux sanguins, favorise l’inflammation et l’athérosclérose, et augmente la tendance du sang à coaguler.
- Pression artérielle élevée
- Avec le temps, une pression artérielle élevée endommage les parois des vaisseaux sanguins, favorise l’athérosclérose et fait travailler le cœur plus fort.
- Cholestérol LDL élevé
- Les particules contenant du LDL peuvent pénétrer dans la paroi des artères et contribuer, avec le temps, à la formation de plaque athérosclérotique.
- Diabète et glycémie élevée
- Une glycémie élevée peut endommager les vaisseaux sanguins et accélérer l’athérosclérose avec le temps.
- Excès de poids et santé métabolique
- L’excès de graisse corporelle peut augmenter le risque en contribuant à l’hypertension, à des taux de cholestérol anormaux, à la résistance à l’insuline et au diabète.
- Inactivité physique
- L’activité physique régulière aide à améliorer la pression artérielle, le cholestérol, la glycémie, la condition cardiovasculaire et la santé métabolique.
- Habitudes alimentaires malsaines
- Une alimentation riche en sodium, en aliments hautement transformés, en gras saturés et en sucres ajoutés peut contribuer à plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire.
- Consommation excessive d’alcool
- Une consommation d’alcool plus élevée peut augmenter la pression artérielle et contribuer à d’autres risques, cardiovasculaires et pour la santé.
- Mauvais sommeil et apnée du sommeil
- Un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité est associé à l’hypertension, à une glycémie anormale et à d’autres facteurs de risque cardiovasculaire.
- Cocaïne et autres drogues stimulantes
- Ces substances peuvent augmenter fortement la fréquence cardiaque et la pression artérielle et resserrer les artères coronaires, ce qui augmente le risque de crise cardiaque.
- Stress chronique
- Le stress à long terme peut nuire directement à la santé cardiovasculaire et influencer aussi le sommeil, le tabagisme, l’alimentation et l’activité physique.
Lire l’illustration Coupe illustrative, pas à l’échelle. La plaque est montrée à l’intérieur de la paroi artérielle. L’illustration n’estime ni votre risque individuel ni la contribution relative de chaque facteur.
N’oubliez pas que ces facteurs de risque interagissent souvent entre eux. Par exemple, l’activité physique régulière peut améliorer à la fois la pression artérielle, la glycémie, le cholestérol, la condition physique et le poids. Autrement dit, un seul changement sain peut être bénéfique pour le cœur de plusieurs façons.
Connaissez vos valeurs de pression artérielle
Notes de terrain interactives
Deux chiffres. Un battement de cœur.
Pression artérielle
La pression systolique est la pression dans vos artères quand le cœur se contracte. C’est le premier chiffre, le plus élevé.
L’hypertension, c’est-à-dire une pression artérielle élevée, est l’un des facteurs de risque cardiovasculaire modifiables les plus importants. Le piège? Une pression artérielle élevée ne cause habituellement pas de symptômes évidents. Une personne peut faire de l’hypertension pendant des années sans le savoir; c’est pourquoi il est important de mesurer votre pression artérielle.
La pression artérielle s’écrit sous forme de deux chiffres, par exemple 120/80 mmHg. Le premier chiffre, appelé pression artérielle systolique, correspond à la pression dans vos artères lorsque le cœur se contracte. Le second, appelé pression artérielle diastolique, correspond à la pression entre les battements, lorsque le cœur se relâche.
Selon la ligne directrice 2025 d’Hypertension Canada, l’hypertension chez l’adulte se définit comme une pression artérielle, mesurée correctement, de 130/80 mmHg ou plus. Toutefois, une seule lecture élevée ne signifie pas nécessairement que vous faites de l’hypertension. La pression artérielle varie naturellement, et une bonne technique de mesure est importante. Le personnel de la santé peut avoir recours à des mesures répétées ou à des lectures prises à l’extérieur de la clinique pour confirmer le diagnostic.
Conseil rapide : mesurez-la correctement. Restez assis calmement pendant environ 5 minutes avant de prendre votre pression artérielle. Gardez le dos appuyé, les pieds à plat sur le sol et le bras soutenu à la hauteur du cœur. Utilisez un tensiomètre validé muni d’un brassard de taille appropriée pour le haut du bras, et évitez de consommer de la caféine, de fumer et de faire de l’exercice peu avant la mesure.
Des habitudes de vie comme faire régulièrement de l’activité physique, adopter une alimentation saine pour le cœur, réduire l’excès de sodium, maintenir un poids santé et limiter l’alcool peuvent aider à abaisser la pression artérielle. Certaines personnes peuvent aussi avoir besoin de médicaments pour atteindre une pression artérielle saine.
Évitez l’exposition au tabac et à la nicotine
La fumée du tabac endommage la paroi interne des vaisseaux sanguins, favorise l’inflammation et accélère l’athérosclérose. Elle augmente aussi la tendance du sang à coaguler et oblige le cœur à travailler plus fort. La fumée secondaire est nocive, elle aussi.
Le vapotage n’est pas inoffensif non plus. La nicotine peut augmenter la fréquence cardiaque et la pression artérielle, et les substances contenues dans les aérosols de vapotage peuvent aussi avoir un effet sur le fonctionnement des vaisseaux sanguins. Les effets cardiovasculaires à long terme du vapotage font encore l’objet d’études.
Arrêter peut être difficile, car la nicotine crée une forte dépendance, mais les bienfaits cardiovasculaires commencent dès l’arrêt et continuent de s’accumuler avec le temps. Le counseling, le soutien du personnel de la santé et les traitements approuvés d’aide à l’arrêt tabagique peuvent augmenter les chances de réussir à arrêter. Il n’est jamais trop tard pour cesser de fumer et protéger la santé de votre cœur.
Bougez
L’activité physique régulière est l’un des moyens les plus efficaces de protéger votre santé cardiovasculaire. Elle peut aider à abaisser la pression artérielle, à améliorer la glycémie et le taux de cholestérol, à maintenir un poids santé, à améliorer la condition cardiovasculaire, ainsi qu’à favoriser un meilleur sommeil et le bien-être mental.
Les directives canadiennes recommandent que les adultes accumulent au moins 150 minutes d’activité physique aérobie d’intensité modérée à élevée par semaine, ainsi que des activités de renforcement musculaire au moins deux fois par semaine. Elles recommandent aussi d’interrompre les longues périodes en position assise chaque fois que c’est possible.
150 minutes, ça vous semble intimidant? Commencez par ce qui a du sens pour vous : la marche rapide, le vélo, la natation, la danse, la randonnée, les sports et bien d’autres activités comptent. Tout temps passé à bouger vaut mieux que rien, et bouger de façon durable compte davantage que la perfection.
- Le saviez-vous? Vous n’avez pas nécessairement besoin d’atteindre 10 000 pas chaque jour pour observer des bienfaits significatifs pour la santé. Une revue publiée en 2025 a révélé que, comparativement à environ 2 000 pas par jour, 7 000 pas par jour étaient associés à un risque de développer une maladie cardiovasculaire inférieur de 25 % et à un risque de mourir, toutes causes confondues, inférieur de 47 %. Des bienfaits ont aussi été observés avec un plus petit nombre de pas et, même si un plus grand nombre de pas peut procurer des bienfaits supplémentaires, une grande partie de l’amélioration survenait avant 10 000 pas par jour.
Petit conseil : si cela vous motive, un téléphone, une montre ou un simple podomètre peut vous aider à suivre votre activité et à constater vos progrès au fil du temps.
Adoptez des habitudes alimentaires saines pour le cœur
Malheureusement, il n’existe pas d’aliment miracle unique pour « prévenir les crises cardiaques ». Ce qui contribue le plus à la santé globale de votre cœur, ce sont vos habitudes alimentaires au fil du temps.
À privilégier
- Légumes et fruits
- Grains entiers
- Légumineuses comme les haricots, les lentilles et les pois chiches
- Noix et graines
- Poissons et fruits de mer
- Aliments peu transformés
- Gras insaturés, comme ceux des huiles d’olive et de canola
À surveiller
- Aliments hautement transformés
- Viandes transformées
- Aliments riches en sel
- Aliments riches en gras saturés et trans
- Boissons sucrées
- Aliments contenant de grandes quantités de sucres ajoutés
Consommer trop de sodium peut contribuer à une pression artérielle élevée. Une grande part du sodium alimentaire ne provient pas de la salière : il provient des aliments emballés, des repas au restaurant et des aliments hautement transformés. Lire les étiquettes des aliments peut faire une différence étonnamment grande.
Moins d’alcool, c’est mieux
Boire de l’alcool, surtout en grande quantité, peut augmenter la pression artérielle et accroître le risque de maladie du cœur et d’accident vasculaire cérébral (AVC). Les Repères canadiens sur l’alcool et la santé mettent de l’avant un message simple : pour votre santé, moins d’alcool, c’est mieux.
Au Canada, 1 à 2 verres standard par semaine représentent un risque faible, 3 à 6, un risque modéré, et 7 ou plus, un risque de plus en plus élevé. À 7 verres ou plus par semaine, le risque de maladie du cœur ou d’AVC augmente.
Si vous ne buvez pas d’alcool, il n’y a aucune raison de commencer pour la santé de votre cœur. Si vous en buvez, réduire votre consommation peut diminuer votre risque global pour la santé.
Connaissez vos taux de cholestérol
Le cholestérol a souvent mauvaise réputation, mais votre corps en a réellement besoin pour fabriquer les membranes cellulaires, des hormones et d’autres substances importantes. En fait, c’est votre foie qui produit la majeure partie du cholestérol de votre corps. Comme le cholestérol est une substance grasse qui ne peut pas circuler librement dans le sang, il est transporté dans des particules appelées lipoprotéines, dont les lipoprotéines de basse densité (LDL) et les lipoprotéines de haute densité (HDL).
Une idée fausse importante veut que manger des aliments contenant du cholestérol cause directement un taux de cholestérol sanguin élevé. Chez la plupart des gens, le cholestérol alimentaire a beaucoup moins d’influence sur le cholestérol sanguin que d’autres facteurs, en particulier la génétique et les types de gras dans l’alimentation. Les gras saturés peuvent augmenter le cholestérol LDL, alors que les remplacer par des gras insaturés peut aider à le réduire. Les gras trans peuvent aussi augmenter le cholestérol LDL et devraient être réduits au minimum.
Pourquoi le LDL est-il important? Les particules contenant du LDL peuvent pénétrer dans la paroi des artères et y rester piégées. Au fil des années, une plus grande exposition à ces particules qui forment la plaque favorise l’inflammation et l’athérosclérose, ce qui augmente le risque de crise cardiaque et d’AVC. C’est pourquoi il est important, pour la prévention cardiovasculaire, de maintenir le LDL et les autres lipoprotéines athérogènes à un niveau bas tout au long de votre vie.
Vous avez peut-être déjà entendu dire que le HDL est le « bon cholestérol ». Le HDL est utile pour évaluer le risque cardiovasculaire, mais la prévention ne vise pas à augmenter le HDL. L’objectif principal est plutôt de réduire le nombre et la quantité de particules qui forment la plaque, en particulier celles qui contiennent de l’ApoB.
Que pourriez-vous voir dans les résultats d’une analyse sanguine du cholestérol?
- C-LDL : estime la quantité de cholestérol transportée à l’intérieur des particules de LDL. En général, des taux plus bas sont associés à un risque cardiovasculaire plus faible.
- C-non-HDL : représente le cholestérol transporté par l’ensemble des principales lipoprotéines qui forment la plaque.
- ApoB : protéine présente sur les particules qui forment la plaque, comme les LDL et les VLDL. Comme chacune de ces particules porte une molécule d’ApoB, mesurer l’ApoB fournit une estimation utile du nombre de particules athérogènes qui circulent dans le sang.
- Triglycérides : autre type de gras présent dans le sang. Des taux élevés peuvent être associés à un risque cardiovasculaire accru et à des maladies métaboliques.
- Lp(a) : lipoprotéine déterminée en grande partie par la génétique, qui peut augmenter le risque cardiovasculaire de façon indépendante. Comme son taux demeure assez stable tout au long de la vie, les lignes directrices canadiennes recommandent de mesurer la Lp(a) une fois dans la vie d’une personne dans le cadre du bilan lipidique initial.
Il n’existe pas de valeur de cholestérol unique qui soit idéale pour tout le monde. Le personnel de la santé interprète ces résultats en tenant compte de facteurs comme l’âge, la pression artérielle, le tabagisme, le diabète, les antécédents familiaux et la présence ou non d’une maladie cardiovasculaire.
Des habitudes alimentaires saines pour le cœur, une activité physique régulière et une bonne santé métabolique peuvent aider à améliorer les taux de cholestérol. En particulier, manger plus d’aliments riches en fibres et remplacer les gras saturés par des gras insaturés peut aider à abaisser le cholestérol LDL. Toutefois, la génétique peut avoir une influence majeure, et certaines personnes ont un taux de cholestérol élevé malgré de très saines habitudes. Lorsque c’est approprié, des médicaments comme les statines peuvent abaisser le cholestérol LDL et réduire de façon importante le risque cardiovasculaire.
Faites place à un bon sommeil
Manquer régulièrement de sommeil ou mal dormir peut augmenter le risque cardiovasculaire en contribuant à des problèmes comme l’hypertension, le diabète et la prise de poids. La plupart des adultes devraient viser environ 7 à 9 heures de sommeil de bonne qualité par nuit.
La qualité du sommeil compte aussi. L’apnée du sommeil est un trouble dans lequel la respiration s’arrête et reprend à répétition pendant le sommeil, ce qui réduit le taux d’oxygène et impose un stress au système cardiovasculaire. Elle est fortement associée à l’hypertension et à d’autres problèmes cardiovasculaires.
Des ronflements forts et persistants, des halètements ou une sensation d’étouffement pendant le sommeil, une somnolence excessive durant la journée, ou le fait qu’une autre personne remarque que vous arrêtez de respirer à répétition pendant votre sommeil peuvent être des signes d’apnée du sommeil. Si ces symptômes sont présents, il faut en parler avec un professionnel ou une professionnelle de la santé.
Conseils d’hygiène du sommeil : essayez de vous coucher et de vous lever à peu près à la même heure chaque jour, même la fin de semaine. Gardez l’heure qui précède le coucher calme, et réduisez votre exposition aux écrans lumineux et aux activités stimulantes. Évitez la caféine environ 6 à 8 heures avant le coucher, ainsi que les repas lourds ou copieux dans les quelques heures qui le précèdent. Gardez votre chambre fraîche, sombre et silencieuse, et essayez de réserver votre lit au sommeil, et non aux études, au travail ou au défilement sur écran.
Comprenez les médicaments préventifs
Prendre un médicament préventif lorsqu’il est médicalement indiqué est un autre outil fondé sur des données probantes pour réduire le risque cardiovasculaire, et cela ne signifie pas que vos efforts pour améliorer vos habitudes de vie ont échoué. La génétique, l’âge, les antécédents familiaux et certains problèmes de santé peuvent tous augmenter le risque cardiovasculaire malgré un mode de vie sain.
Selon les facteurs de risque propres à chaque personne, le personnel de la santé peut recommander des médicaments pour abaisser le cholestérol, maîtriser la pression artérielle, gérer le diabète ou réduire le risque de caillots sanguins. Fait important, la décision de commencer un médicament préventif devrait être prise avec un professionnel ou une professionnelle de la santé, en fonction de votre risque cardiovasculaire global, de vos antécédents médicaux ainsi que des bienfaits et des risques possibles.
Collaborez avec votre professionnel ou professionnelle de la santé
Une étape clé de la prévention consiste à savoir où vous en êtes. Parlez à votre professionnel ou professionnelle de la santé de vos facteurs de risque cardiovasculaire, comme la pression artérielle, le cholestérol, le diabète, le tabagisme, l’activité physique, le poids et les antécédents familiaux, et demandez-lui ce que vous pouvez faire pour réduire votre risque. Certains facteurs ne peuvent pas être changés, mais bon nombre peuvent être pris en charge grâce à des changements dans les habitudes de vie, à un suivi régulier et à des médicaments au besoin. Plus tôt vous connaissez votre risque, plus tôt vous pouvez agir.
Dans l’ensemble, la chose la plus importante à comprendre au sujet de la prévention des crises cardiaques, c’est que vous n’avez pas besoin d’atteindre une santé cardiovasculaire « parfaite » du jour au lendemain. En fait, les habitudes ou les petits changements qui peuvent être maintenus dans le temps sont beaucoup plus susceptibles de réduire votre risque de crise cardiaque.
Module 02 / Vérifiez vos connaissances
Quiz
Adapté du script du module 2 de CAPIO, légèrement révisé pour plus de clarté et accompagné de références. Cette leçon est éducative et ne remplace pas les soins d’un professionnel ou d’une professionnelle de la santé.
Script original du module (PDF, en anglais)
